Une photo de sneakers impeccablement éclairée peut rester invisible dans Google Images pour une raison bête : son texte alternatif. Trop vague, trop long ou carrément absent, l’attribut alt rate sa cible et l’image sort du circuit. Résultat, la fiche produit perd un visiteur qui cherchait exactement ce modèle, sans que personne ne s’en aperçoive jamais dans les statistiques. Le problème ne vient pas de la photo, mais de la phrase collée derrière : celle qu’on remplit en trois secondes entre deux tâches, sans imaginer qu’elle décide de tout.
La balise alt, ce champ qu’on remplit à la va-vite
Dans le code HTML, l’attribut alt décrit le contenu d’une image, comme le rappelle la définition donnée par jbetco.fr. Concrètement, il s’écrit dans la balise img, celle qui insère le visuel dans la page, à côté du src qui pointe vers le fichier. C’est donc le seul endroit où Google lit une description du sujet photographié, en plus du nom de fichier et du contexte du paragraphe.
Beaucoup de fiches produit affichent encore « photo1.jpg » ou un alt vide, souvent parce que le CMS les a générés à la chaîne. Or un texte alternatif vide indique à l’algorithme que l’image n’a aucun contenu à signaler. Aucune raison, donc, de la proposer dans les résultats d’images. Un champ rempli à la main change déjà la donne.
Cent caractères, et pas un de plus
Les sources se contredisent sur la longueur idéale, et c’est justement là que ça se joue. Redacteur.com fixe la limite à 100 caractères pour le texte alternatif, quand HubSpot conseille de rester sous 125 caractères en précisant que Google tronque les textes trop longs. Face à ce désaccord, le seuil à retenir est le plus bas : 100 caractères maximum.
La raison tient à ce qui se passe au-delà. HubSpot signale qu’une description trop longue peut provoquer une pénalisation, et Google coupe de toute façon l’affichage dans les résultats. Une balise qui déborde du cadre se retrouve donc tronquée au milieu d’un mot, ou pire, ignorée. Aligner son alt sur le plafond le plus strict évite les deux écueils d’un coup.
Ce qui distingue un bon alt d’un mauvais
La longueur ne fait pas tout. Un texte trop vague, du genre « chaussures » ou « produit », ne dit rien de précis et se noie dans des millions de requêtes concurrentes. Voici les cas qui reviennent le plus souvent sur les fiches produit, avec ce qu’il faudrait écrire à la place.
- Un alt vide alors que la photo montre le produit sous un angle inédit : sans description, l’image ne remonte sur aucune recherche.
- Le nom du fichier recopié tel quel, « photo-produit.jpg », qui n’apprend rien à personne.
- Une phrase de trois lignes qui raconte la vie du modèle, ses matières, son histoire, et dépasse largement le plafond autorisé.
- Faut-il vraiment décrire chaque photo d’une série de dix prises de vue du même article ?
- Un alt identique sur toutes les images d’une fiche, ce qui crée de la duplication au lieu de couvrir des recherches différentes.
L’exemple donné par Redacteur.com reste le plus parlant : « gâteau au chocolat avec crème anglaise » tient en 39 caractères et décrit précisément ce que montre l’image. Rien à couper, rien à deviner, et une requête tapée par un vrai internaute.
Les autres balises qui comptent sur une fiche
Sur une page produit, alt n’est qu’un maillon. Le title de la page, la balise H1 et les données structurées indiquent aussi à Google de quoi parle le document ; une image bien décrite dans une page muette sur son sujet ne suffit donc pas à la faire remonter. C’est ce qu’on appelle communément une balise SEO : un élément du code qui transmet un signal lisible par le moteur. Négliger l’un de ces signaux, c’est laisser le moteur deviner à votre place.
Le nom du fichier image joue lui aussi, même discrètement. « sneakers-cuir-blanc.jpg » donne un indice que « photo-finale-2.jpg » n’apporte pas. Et pour les visuels purement décoratifs, un bandeau de bas de page par exemple, HubSpot rappelle qu’aucune description destinée aux lecteurs d’écran n’est nécessaire : un alt vide suffit alors, sans pénaliser la page.
Peaufiner une image, sans y passer la journée
Une méthode simple tient en quatre gestes. On compresse d’abord le fichier pour qu’il ne ralentisse pas la page, on renomme ensuite le fichier avec les mots du produit, on rédige un alt court qui décrit ce que la photo montre vraiment, et on vérifie que chaque visuel de la fiche ne répète pas le même texte. Le gain paraît modeste au départ. La différence, pourtant, se mesure sur la durée.
Reste la question du nombre. Une fiche produit avec huit photos n’a pas besoin de huit descriptions léchées : les angles redondants peuvent partager un alt proche, tandis que la vue de détail, la semelle ou le dos méritent chacun leur phrase. C’est un arbitrage à faire à la main, image par image, en se demandant ce qu’un client taperait pour tomber dessus.
Le trafic perdu ne se voit jamais dans les rapports
Une image écartée de Google Images ne laisse aucune trace dans les statistiques : pas de clic perdu à comptabiliser, juste un canal qui rapporte moins sans qu’on sache pourquoi. Le travail sur les balises alt rapporte peu de gloire, mais il coûte une poignée de minutes par fiche.
Franchement, sur un catalogue de quelques centaines de produits, refaire les alt les plus faibles une fois par trimestre suffit souvent à changer la courbe. Combien de vos visuels n’ont encore jamais été décrits avec les mots de vos clients ?
