Une balise alt qui décrit le fichier plutôt que le produit

Une photo de rayon mal décrite, c’est une fiche produit qui perd des lecteurs avant même d’avoir été vue. Sur un site marchand, la balise alt arrive souvent en dernier, remplie à la va-vite par un export automatique du nom de fichier. Résultat : « IMG_2048.jpg » ou « photo-rayon-3-bis » s’affichent dans les lecteurs d’écran et dans les résultats d’images de Google. Le produit, lui, reste invisible pour ceux qui en auraient besoin.

ce que la balise alt raconte vraiment

La balise alt, ou texte alternatif, est l’attribut HTML qui décrit une image quand celle-ci ne peut pas être affichée. Elle sert à deux publics très différents : les logiciels de synthèse vocale, qui lisent cette description aux personnes malvoyantes, et les moteurs de recherche, qui s’en servent pour comprendre le contenu d’une image. Une bonne description de produit, pour qui travaille le mediaschool-formations.com au quotidien, doit tenir dans cette double contrainte sans jamais sacrifier la précision commerciale.

Le problème, quand on publie des dizaines de photos de rayon par semaine, c’est que la balise devient une formalité. On copie le nom du fichier, on valide, on passe à la suite. Le fichier s’appelle « chaussure-rouge-42.jpg », la balise aussi, et personne ne se demande ce qu’un lecteur d’écran va réellement annoncer à voix haute. Sauf que ce lecteur va prononcer « chaussure rouge 42 point jpg », extension comprise. Pas très vendeur pour une paire de bottines.

une longueur qui n’a rien d’anecdotique

Les chiffres qui circulent sur la longueur idéale d’un texte alternatif ne sont pas sortis de nulle part. Sur Redacteur.com, la balise ALT doit se composer tout au plus de 100 caractères. HubSpot parle plutôt de 125 caractères, en rappelant que Google limite lui-même la longueur de ces textes. Prenez la marge basse, elle vous évitera de voir votre description coupée en plein milieu d’un mot par un outil qui tronque.

Cette contrainte de longueur oblige à faire des choix, et c’est tant mieux. On ne peut pas empiler la couleur, la matière, la taille, la marque et le prix dans une seule balise. Il faut garder ce qui identifie le produit dans un rayon donné : « bottines cuir camel à talon carré, modèle Automne » dit l’essentiel en peu de mots. Le reste appartient à la fiche produit, pas à la balise.

Un détail que beaucoup ignorent : le texte alternatif d’une image qui sert de lien ou de bouton doit décrire clairement l’action associée, d’après HubSpot. Sur une fiche produit, la vignette cliquable d’un article similaire ne doit donc pas dire « photo du produit », mais quelque chose comme « voir les bottines camel ». Sinon, la personne qui navigue au clavier entend une suite de liens tous identiques, sans jamais savoir où chacun la mène.

le poids de la recherche par image

L’agence Moz indique que la recherche Google Images est la fonctionnalité la plus utilisée du moteur après la recherche classique. Ce n’est pas un canal marginal réservé aux curieux : des acheteurs arrivent par là, souvent avec une photo en tête et l’envie de retrouver un modèle aperçu ailleurs. Une balise qui décrit le fichier plutôt que le produit ferme cette porte sans que personne ne s’en aperçoive dans les statistiques. Sur ce point, voir aussi notre article sur backlinks perdus google.

Beaucoup de lecteurs se demandent d’ailleurs comment rechercher un produit à partir d’une photo. Le réflexe est le même que celui du moteur : on décrit ce qu’on voit, on cherche une correspondance. Si toutes les images d’un même rayon portent des balises du type « DSC_0871 », le moteur n’a aucun moyen de rapprocher la photo d’une requête formulée avec des mots de client. La description du produit fait tout le travail de correspondance.

Franchement, c’est le genre de détail qui se corrige en une heure sur un catalogue existant, à condition de savoir où regarder. Un tableur, la liste des URL d’images, la balise actuelle en face. On repère vite les fichiers dont le alt commence par « IMG », « photo » ou « image ». Ce sont les candidats prioritaires, ceux qui coûtent le plus cher en visibilité perdue.

corriger une photo de rayon sans y passer la journée

La méthode tient en peu de gestes, mais elle demande un peu de discipline. Avant de toucher au code, on ouvre la fiche produit comme un client, on regarde la photo et on se demande ce qu’un vendeur dirait à voix haute en la montrant. Cette phrase, raccourcie, devient la balise. Pour la poser techniquement, il suffit d’ajouter l’attribut alt dans la balise img, côté HTML ou dans le champ prévu par votre CMS.

ce qui distingue une balise utile d’une balise qui encombre

  • Décrire le produit visible, pas le fichier ni son emplacement sur le serveur.
  • Pourquoi l’extension .jpg apparaît-elle encore dans tant de balises alors qu’elle n’apporte rien à personne ?
  • Une image purement décorative, comme un fond de rayon ou un motif, n’a pas besoin d’une description destinée aux lecteurs d’écran, comme le rappelle HubSpot : on laisse la balise vide.
  • Le texte alternatif de bouton indique l’action, jamais la photo elle-même.
  • Vérifier la longueur avant publication, cent caractères suffisent largement.

Une nuance importante : toutes les photos de rayon ne méritent pas le même soin. Un visuel de mise en ambiance, un plan large pris à la volée lors d’une réimplantation, ne décrit pas un produit précis. Lui coller une longue description commerciale alourdit la page pour rien et brouille le message. Le vrai travail se concentre sur les photos qui montrent un article identifiable, celles qu’un client pourrait chercher.

une habitude à reprendre dès la prochaine mise en ligne

La balise alt n’est pas un champ technique réservé aux développeurs, c’est un texte commercial au même titre qu’un titre de fiche. Une description courte, centrée sur le produit, rend le rayon accessible aux personnes malvoyantes et le rend trouvable par la recherche d’images.

Celle qui décrit un nom de fichier ne fait ni l’un ni l’autre, et pourtant elle passe souvent inaperçue pendant des mois. La prochaine fois que vous publierez une photo, qui dans votre équipe saura dire ce qu’un lecteur d’écran annonce en la voyant ?

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